Recital at the Luxemburg Philharmonie

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Les Nuits européennes du piano à la Philharmonie

Le récital donné par le pianiste Alexander Sinchuk à la Philharmonie, mercredi soir, faisait suite au concours lancé par la «European Investment Bank» en septembre 2012, qui avait vu Sinchuk remporter le Prix du public en interprétant des pages de Rachmaninov. Le jeune pianiste russe a proposé un programme judicieusement conçu devant une salle de musique de chambre comble, révélant diverses facettes de son talent de virtuose et d’interprète.

Dès les premières mesures du Prélude, choral et fugue de César Franck, on apprécia la rigueur avec laquelle le pianiste aborde cette partition. Brossant des plans sonores chatoyants et soigneusement agencés en maintenant une pulsation rythmique constante, manipulant la pédale forte avec une maîtrise remarquable, il a démontré un souci de précision et de clarté, tout en parant la pièce d’une riche palette de timbres et de nuances.

Le contraste offert par les deux Sonates de Scarlatti qui ont suivi a bénéficié d’une approche joyeuse, légère et franchement virtuose, les jeux rythmiques de la sonate en mi majeur faisant place à une sonate en sol majeur au tempo ébouriffant qui, prenant les auditeurs par surprise, a privé le pianiste d’applaudissements pourtant bien mérités.

Dans l’adorable Arabesque de Robert Schumann, Alexander Sinchuk s’est laissé guider par l’envol fluide de la ligne mélodique et a proposé des timbres lumineux et des phrasés aux inflexions touchantes. Plus virtuose, moins expressive, offrant par là-même un fort contraste, la brillante Toccata, op.7, du même compositeur, a clos la première partie du récital.
Si la Fantaisie en si mineur, de Scriabine, a convaincu par le soin avec lequel le pianiste s’efforce d’en faire ressortir les éléments thématiques ainsi que par la douceur de son toucher jusque dans les nuances les plus puissantes, ce sont les Prélude et Nocturne op.9, pour la main gauche, également de Scriabine, interprétés avec des lignes amples et une grande sensibilité, qui auront ému les auditeurs le plus profondément.

La célèbre sonate n°7, de Serge Prokofiev, a permis à Sinchuk de se déchaîner avec un entrain communicatif, et si la fougue virtuose dont il a fait preuve aurait par moments supporté l’acoustique d’une salle plus grande, le public n’a pas manqué de saluer la bravoure et l’aisance du musicien.